D. Questions soulevées par la maternité de substitution
1. Arguments à l'encontre des contrats de maternité de substitution
La maternité de substitution est une pratique
beaucoup plus répandue aux États-Unis qu'au Canada que en Europe. Aussi, les
arguments à l'encontre de cette pratique s'inspirent-ils souvent de l'expérience
américaine. Ainsi, certaines personnes sont d'avis que les contrats de maternité
de substitution, en particulier les contrats de nature commerciale, risquent
d'entraîner l'exploitation des femmes. En général, ces contrats sont conclus
entre des couples d'un certain âge qui sont instruits et à l'aise financièrement
et des jeunes femmes peu instruites et pauvres.
D'aucuns estiment que cette pratique entraînera l'exploitation des femmes qui seront attirées par la rémunération offerte mais ne seront pas en mesure d'évaluer les risques à la fois physiques et psychologiques d'une telle grossesse. L'expérience américaine porte également à croire que des femmes pourraient être « importées » d'autres pays uniquement pour servir de mères porteuses après quoi elles seraient renvoyées dans leur pays.
Une autre question soulevée par ceux qui s'opposent
à cette pratique est la « marchandisation » des bébés. En effet, ils soutiennent
qu'un contrat commercial de maternité de substitution n'est rien de plus qu'une
transaction commerciale dans laquelle l'enfant est un produit vendu par la mère
porteuse et acheté par le couple ou la personne faisant appel à ses services.
Nombre de personnes croient qu'inévitablement des couples qui ont fait appel à
des mères porteuses refuseront d'accepter le nourrisson si celui-ci ne satisfait
pas à leurs exigences.
Certains considèrent les contrats de maternité de
substitution comme un moyen de commercialiser la reproduction. La pratique tente
d'attacher une valeur commerciale au processus de reproduction et, par
extrapolation, à la capacité de reproduction d'une femme. Ceux qui dénoncent la
maternité de substitution estiment que la commercialisation de la reproduction,
entre autres questions, est dommageable pour les individus, la famille et la
société. Ils estiment que la légitimation de cette pratique porterait atteinte
au caractère sacré de la vie.






